Allô, qui est à l'appareil ?

  • L'occidentale
  • Le blog de L'occidentale
  • Femme
  • Vietnam Fran
  • Voyages lecture peinture etudiante écriture
  • Etudiante, au Viet Nam pour 3 mois et demi. Habitante dans un quartier pauvre et chinois de la ville. Avec un vietnamien. Et tous les chocs culturels qui vont avec cette vie...
Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 05:26

La ville fourmille d'individus, de scooters, d'enfants, de lumières crues et vives. Elle vit dans un brouhaha de poussière ocre, de pollution, de cris, de musique émanant des magasins branchés. Elle virevolte au fil des vagues de Vietnamiens à califourchon sur leur bécane. Sai Gon ne s'arrête jamais. C'est une ville hyper active qui avale dans son tourbillon des milliers de personnes et donne son rythme frénétique de vie à ceux qui la choisissent.

Je ne sais plus quand exactement j'ai cessé d'entendre le grincement continu des scies à marbre. Elles jouent en concert la sonate du bruit de fond n°4, accompagnées des bribes des paroles d'une speakerin qui vente les mérites d'un produit au complexe sportif où se déroule en ce moment une exposition commerciale sur les matériaux de constructions « 100% vietnamien ». Au Viet Nam, on est Vietnamien ou on ne l'est pas. La demie mesure n'existe pas.

C'est la neuvième fois que je viens au Viet Nam. J'y suis venue deux fois avec ma mère, deux fois toute seule et cinq fois pour voire mon amoureux. Si l'on additionne la durée de tous mes séjours, je n'ai du vivre à Sai Gon qu'un peu plus d'un an. Mais en réalité, le séjour le plus long a duré trois mois et demi. Trois moi et demi que j'ai mis longtemps à digérer. Même après ces neuf voyages, je ressens toujours comme une appréhension juste avant de venir et même quand j'y suis. Je regarde cette ville et cette vie d'un oeil sceptique. Comment s'y prendre cette fois-ci pour ne pas se sentir déçue et a deux doigts de perdre un peu de son courage et de sa confiance en soi ?

Je n'ai jamais vraiment su pourquoi je perdais ma confiance en moi quand je suis au Vietnam. En général, quand je suis à l'étranger, je fais des choses que je n'aurais jamais osé faire dans mon propre pays, par timidité. Je parle plus spontanément avec les gens, je pose des questions, j'accepte plus d'invitation et suis beaucoup plus ouverte aux rencontres que je ne le suis dans mon propre pays. Au Viet Nam aussi d'ailleurs, les rencontres se font plus facilement. Je parle avec tout le monde si j'en ai envie et non pas forcément si je m'en sens le courage, comme c'est le cas en France. Mais au Viet Nam, si les rencontres sont plus faciles, trouver une amitié profonde reste plus dur. Mais cela est lié à moi. Parce que j'ai l'impression que personne ne pourra jamais vraiment comprendre et partager ce qui me tracasse. C'est comme si tout le monde était à coté de ma plaque, parce que ma plaque vient d'ailleurs.

 

En période de mousson, les murs de la maison se mettent à trembler. D'un seul coup, un véritable torrent d'eau s'abat sur la ville. Mais elle ne s'arrête pas de tourbillonner pour autant. L'odeur du macadam chaud monte jusqu'à mes narines. J'aime cette odeur, c'est la même que celle qui m'annonçait que je pouvais aller ramasser des escargot dans le jardin quand j'étais petite et que j'aimais à devenir exploratrice à la recherche de trésors baveux. Le paysage est complètement brouillé. Le vent hulule et l'on entend plus du tout le son des scies qui coupent le marbre dans les hangars d'en face. Des grêlons tapent contre les vitres. C'est l'allegro en vertige majeur de Saigon. Certaines rues sont déjà transformées en rivières. Certains rares scooters y passent encore et leur conducteurs conduisent comme on tiendrait un cheval qui a peur de rentrer dans l'eau même s'il sait pourtant nager.

La pluie ne s'arrête pas. Elle tombe violemment, radoucie l'air, ternit le paysage. Mais sa musique est agréable à écouter en temps de chaleur. Je ne sais pas si j'arriverai un jour à me sentir à l'aise dans le climat saigonnais. Quand mon mari sort de la douche qui est à l'air libre pour rentrer dans la pièce principale et unique dans laquelle souffle un climatiseur, il s'exclame : « il fait froid », pendant que je trouve qu'il fait seulement frais ! Quand on me demande si j'ai envie de vivre à Sai Gon, je réponds toujours que le climat est difficile à supporter. Parce que moi, j'aime la neige. C'est une manière de faire comprendre que ce qu'il me manque, c'est la fraicheur et la douceur de l'atmosphère. Sans me sentir mal à l'aise en ville, j'apprécie ma campagne plus que tout. C'est là, mon nid de bonheur sur terre. Il ne manque plus que les villageois se mettent à parler vietnamien à manger des pho et des cacahouètes grillées pour que ce soit mon paradis.

 

 

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 16:34

Faire preuve d'intégration et de compréhension est, me semble-t-il, la moindre des choses quand on vit à l'étranger et/ou avec des étrangers.

Depuis quelques temps, je m'interroge. J'ai l'impression de perdre ma volonté (mais non mes valeurs) concernant mon intégration et ma compréhension. Je mets en doute ma capacité de mettre en pratique ce qui me semble être important, mes principes de vie.

Est-ce parce que je suis trop sensible et qu'un rien peut m'aller droit au coeur ? Est-ce parce que je me pose trop de question et fais attention à trop de choses ? Est-ce que cela vient de moi ? Ou est-ce que c'est parce que c'est vraiment comme ça ?

 

Quand je viens au Viet Nam, soit environ deux fois par an ce qui représente ¼ à 1/3 de l'année, je vis donc chez mon mari qui, en temps « normal », vit avec soeur dont il est de 3 ou 4 ans l'ainé. Vivre à 3 dans un 25 mètres carrés, ce n'est pas évident. Parce que déjà pour avoir une vie de couple normale (au moins pendant ces 1/3 - ¼ de l'année), ce n'est pas pratique et même infaisable, parce que partager son intimité quand ce n'est pas un acte choisit ce n'est pas évident, parce que c'est aussi partager un homme (mon mari), parce que c'est aussi fatiguant, frustrant et délicat.

Non seulement, c'est dur pour moi de m'exposer à l'extérieur mais de retour à l'intérieur ça ne l'est pas moins. Non pas que cette soeur soit invivable, au contraire. Mais cela reste difficile quand même. Sortir, aller au marché, prendre le bus...Je commence à redouter vraiment tous les regards qui se tournent vers moi lorsque je fais un pas. J'essaie de faire comme si je ne remarquais rien et que cela ne m'atteignais pas (alors que c'est tout l'inverse). Mais à la façon dont on me scrute, je me sens soit comme un morceau de viande en sandales soit comme une intruse. Et je n'arrive pas à réellement ne pas faire attention, essayer de faire fi de tout cela. Cela devrait me passer par dessus la tête mais pourtant, je n'y arrive pas. Cela m'atteint trop et je n'arrive pas à m'en débarrasser. Alors je me dis que le Viet Nam c'est comme ça, et que si je n'arrive pas à faire, ressentir autrement, il va falloir sérieusement changer mes projets. Ce qui m'angoisse encore plus et me fais me sentir coupable. Coupable de ne pas être à la hauteur, coupable d'être trop sensible, de « me prendre trop la tête » comme dirait certains.

Et puis, quand je suis à la maison, dans leur maison plus exactement, je ne me sens pas dans un refuge qui pourrait contrebalancer mon sentiment face à l'extérieur. Ce n'est pas un lieu qui m'apaise non plus puisque ce n'est pas mon lieu et que je me sens toujours aussi comme étant une intruse (vu que ma présence pousse cette soeur à vivre un peu autrement et à être dérangée dans ses habitudes). Je me sens étrangère tout le temps maintenant. Et dehors, et à la maison. Cela me fatigue.

Au Viet Nam, je viens avec rien d'autre que moi même, c'est à dire avec ma culture, ma personnalité. Souvent, il m'arrive de faire des plats français à la maison, une manière aussi d'essayer de m'approprier mon quotidien. Mais alors, rien de ce que je fais ne semble être assez parfait. « C'est sucré, c'est gras, c'est fade, c'est sec, c'est salé »... Mais « c'est bon », non, c'est pas quelque chose que j'entends souvent. Ce n'est pas un tort que de commenter ainsi ce que je fais. C'est juste que je n'ai que ça, là bas. Il en va de même pour la littérature. Lorsque j'achète un livre, français traduit en vietnamien ou même d'auteur vietnamien : « c'est banal, c'est bien mais sans plus, ce sera peut être bien dans quelques années mais pas maintenant »... La lessive aussi : « tu ne devrais pas faire comme ça mais plutôt comme ci ».... Le résultat c'est que malgré la gentillesse de cette soeur et la sympathie profonde que j'ai envers elle, je commence à me sentir attaquée. Parce que rien de ce que je fais ne semble assez bien et surtout parce que ma culture et donc ce que je suis moi, est tout le temps « critiqué » (entre critiques et commentaires). Comment bien vivre ça ? Comment font les autres expatriés qui vivent en immersion ? La plupart sont des hommes, donc ces questions se posent beaucoup moins et les enjeux sont différents. Mais comment ? Que dois je changer pour me sentir mieux dans cet environnement ? Je n'en sais rien, si ce n'est que si nous habitions à deux et non à trois, ce serait déjà une partie importante de mon « mal-être » qui serait résolue.

Vivre comme une vietnamienne à tout de normal, pour tout le monde, là bas. Et même si pour moi, cela semble aussi quelque chose d'évident pour mon intégration, en réalité, ce n'est pas du tout normal, habituel. Je fonctionne autrement, je vis autrement, je ris autrement, je pense autrement. Et les cadres de la société portés aussi par les membres de cette société ne sont pas adapté à moi, ce qui est normal. Vivre à la vietnamienne quand on en est pas une, ça peut aller jusqu'à se sentir aliénée (en partie en tout cas) de soi-même. De se sentir à coté de soi-même. Mes réactions face à cette façon de vivre ne sont pas les mêmes qu'une Vietnamienne et elles sont inattendues, surprenantes...entrainant le risque de se faire mal-comprendre et mal connaître. A vivre comme une Vietnamienne alors qu'on en n'est pas une, on fini par tromper (involontairement) les autres et peut être pire, soi même.

IMG_0261.JPG

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 14:07

Merci beaucoup pour vos messages, tous très touchants et qui m'encouragent dans l'écriture et dieu sait que c'est important pour moi.

Récemment, un de lecteurs qui a fait une halte sur mon blog m'a dit qu'il aurait aimé que je parle aussi de ma relation avec L., ce qu'il en était maintenant, la façon dont on s'apprivoise à travers le prisme de notre culture respective et des codes culturels de l'autre.

 

Pour écrire, j'ai besoin de m'enfermer dans un petit espace. Assise sur le parterre de ma salle de bain, je vais donc ici parler de L. et moi.

 

J'ai rencontré L. à Paris, alors qu'il faisait un stage d'un an en tant que FFI (faisant fonction d'interne-quelle nomination méprisante) dans un hôpital au nord de la ville. L. bredouillait le français et moi, insatiable en ce qui concerne la culture et la langue vietnamienne, j'ai décidé de contacter des étudiants vietnamiens en France à travers leur association pour mettre en place des échanges linguistiques. L. a répondu. C'est ainsi que 2 mois après son arrivé en France, au milieu du mois de Janvier, nous nous sommes rencontré, au pied d'une statue face à Notre Dame. Ce soir là, nous avons traversé une partie de Paris en parlant, corrigeant chacun la langue de l'autre. Il faisait froid et humide ce soir là.

balades

Et au fil du temps, L. et moi avons lié une relation plus solide. On s'apprivoisait doucement. Et la relation amicale a petit à petit évoluée vers une relation d'amour. Au début, on se disputait beaucoup. Complètement déboussolée par ces disputes que je n'avais jamais rencontrées auparavant, j'ai fini par comprendre qu'elle était du à nos décalages culturels. On se disputait sur des différences de repères et de codes qui faisait intrinsèquement partie de nos univers culturel et sociétal.

Nous avons alors pris le parti de se parler le plus souvent, ce qui n'est pas forcément chose aisée, pour décoder, expliquer l'un à l'autre les codes qui régissaient nos visions et agissements. Ce n'est pas une habitude pour les hommes en général de s'ouvrir spontanément à la parole et pour un homme vietnamien, inscrit dans modèle encore plus fort de ce que doit être l'homme, c'était encore moins naturel et facile. Mais au final, on est arrivé à se se parler, de se confier librement et presque complètement l'un à l'autre, ce qui n'était pas gagné autant pour lui que pour moi. Nous avons emménagé ensemble quelques moi plus tard, dans le 15e arrondissement. Il restait six mois avant qu'il retourne au Vietnam.

En Octobre, j'ai intégré une bi-licence à la Sorbonne en plus de mon cursus à l'INALCO. Nous avions un rythme de vie très harmonieux. Et puis est venu le 12 Novembre 2008. L. est rentré au Viet Nam où un poste dans un hopital de Sai Gon l'attendait. En réalité, c'est plutôt L. qui a attendu ce poste puisqu'il a du patienter plusieurs mois, ce qui n'était pas prévu, avant de pouvoir entrer en fonction. Nous avons passé six mois sans se voire. On se téléphonait, on s'écrivait, lettres, mails pour essayer de combler le vide de l'absence de l'autre.

Son départ a été insupportable. L. avait laissé des traces de sa présence partout, jusqu'au plus profond de moi. Son absence brutale était d'autant plus violente face à ses traces tangibles, preuve de sa présence, qu'il avait laissé. Mais ce qui était encore plus insupportable, c'est que nous étions dans l'incertitude : il venait de repartir définitivement au Vietnam. Alors qu'allait devenir notre relation ? Ce qu'on avait vécu ensemble, même dans un temps si court nous avait vraiment lié tous les deux. Et aucun de nous n'avait l'intention d'arrêter en plein vol ce que nous avions commencer à construire. Nous nous étions si attaché l'un à l'autre qu'on ne pouvait envisager de s'arrêter là. Alors, les six mois ont passé. Et en Avril 2009, pour mes vingt ans, je suis allé le rejoindre, juste pour trois semaines. C'était toujours le même, mais en même temps, L. avait changé. Mais en trois semaines, je n'eu que le temps de douter légèrement. Et puis un mois et demi plus tard, je suis revenue le voire, pour trois mois et demi. C'est là que j'ai commencé l'écriture de ce blog.

 

Ma relation avec L. était devenue un grand point d'interrogation. Je savais que je l'aimais toujours profondément mais en même temps, j'étais totalement perdue parce que je perdais tous mes repères et L. ne m'expliquait plus les siens et ne me guidait pas pour que je puisse m'en créer dans ce nouvel environnement, vietnamien. J'en étais déstabilisée. Nous allions de malentendus en malentendus. L. était victime aussi de son nouveau rythme de vie de médecin et en tant que nouvel employé, il devait faire ses preuves. Il rentrait toujours tard et fatigué et la communication qui nous avait permis de se comprendre jusqu'alors ne se faisait plus. Est ce que L. était comme ça parce qu'il était plongé dans son environnement ou était-ce parce qu'il venait de commencer une vie professionnelle qui l'amenait aussi à évoluer ? Était-ce sa fatigue et son inconscience de ma perte de repère ?

J'étais complètement perdue, tendue comme L. aussi. Mais tous les deux, on s'est accroché. Et puis passé un temps, on a réussi à s'expliquer, tous les noeuds se sont dénoués.

L.

L. aime la France. Pas autant que j'aime le Viet Nam, mais depuis qu'il m'a rencontré, il s'y intéresse de près. Il regarde TV5 monde (chaine française en français), lit des livres en français quand il peut, et trouve même le temps de faire des exercices. Son vocabulaire s'enrichit de jour en jours sans que j'y soit directement pour quelque chose. Mais L. n'a pas cette habitude de comprendre ma façon de penser au regard de ma société et de mes codes. La plupart du temps, je dois moi-même avoir ce réflexe de lui expliquer l'origine de ma pensée et de son formatage. On continue a avoir des disputes liées à des malentendus mais on s'en rend vite compte et c'est devenu de moins en moins fréquent.

 

Et puis, on a envisager notre relation sur le long terme. L. avait sacrifié dix ans de sa jeunesse et venait de trouver du travail. Le faire venir en France ? Le diplôme vietnamien de médecine de L. n'est pas reconnu en France et il n'existe AUCUN moyen d'obtenir une équivalence. Malgré la quantité de concours et épreuves pour intégrer les médecins à diplômes étrangers au système français, jamais ces derniers n'ont un statut équivalent à ceux des français. Alors, hiérarchiquement inférieur, on leur refile les gardes les moins pratiques et plus fréquemment, les services les moins gratifiant et les plus durs, un salaire divisé en deux par rapport aux collègues français, des CDD à renouveller....

Reprendre des études de médecines, quand on a passé 30 ans, ce n'est pas ce qui a de plus simple. Ni de plus plus juste. Et nous n'avons pas l'argent nécessaire pour nous faire vivre si chacun de nous est étudiant. Il n'était pas et n'est toujours pas question que L. vienne en France pour être un bouche trou à la merci de l'Etat français alors que c'est un médecin reconnu dans son pays et qu'il exerce en bénéficiant de tous les avantages bien mérités de son métier.

 

Quant à moi, il était et est toujours hors de question que j'arrête mes études pour aller m'installer au Viet Nam. D'ailleurs, pendant un moment, après les trois mois passés au Vietnam l'été 2009, j'ai cru que jamais je n'aurais pu vivre dans ce pays. Ce que j'avais vécu, face au regard des autres, sur moi, femme étrangère, occidentale et vivant avec un Vietnamien, était trop dur. Je m'étais sentie coincée en rapport avec la condition féminine qui est imposée au Vietnam et ma liberté de femme à moi, je m'étais sentie incomprise avec ma culture différente. En bref, je ne me sentais pas à l'aise, enfermée entre la liberté d'être moi même et la nécessité de s'adapter aux moeurs vietnamiennes. Mais finalement, après être revenue à Sai Gon quelques mois plus tard, des portes alors fermées se sont réouvertes et j'ai pu accéder à des possibles que j'avais cru impossibles lors de mon séjour précédent. J'ai changé d'avis. Mais notre décision n'a pas changée : je continue mes études. Il ne me reste « plus que 2 ans et demi ». C'est long, quand on vit si loin l'un de l'autre. Mais les études, c'est la seule chose qui peut me donner la liberté de choix. (même si ces derniers temps, ce n'est même plus une assurance de pouvoir choisir, c'est quand même un moyen de rebondir).

 

L'amour à distance, c'est dur. Ca fait mal au coeur. L. et moi nous parlons tous les jours. Par Skype ou Yahoo. Vive la modernité. Les moments où l'on se quittait, à l'aéroport, étaient insupportables. Parce qu'ils signifiaient l'incertitude sur notre relation. On avait l'impression de vivre un amour précaire, non pas que nos sentiments ne soient pas assez forts. Mais peur que la distance les abîmes. La peur de vaciller alors qu'on était très attachés l'un à l'autre.
J'ai le sentiment que ce que nous avons dépassé ensemble nous a encore plus renforcé que si nous n'avions pas été un couple mixte. Parce qu'en plus de toutes nos difficultés « banales », semblables à toutes celles que traverse un couple ordinaire, se superpose les difficultés lié à nos cultures et nos moules sociétaux tellement différents. La langue, ne pas savoir comment dire à l'autre ce qu'on a envie d'exprimer par manque de vocabulaire ou alors parce que les mots qu'on veut employer, l'autre ne les connait pas, les situations qui ont une résonance différente pour l'un et l'autre, les mots qui n'ont pas le même poids pour l'un ou pour l'autre...Bref. Tout ce qui peut compliquer la relation la rend plus forte car on arrive à les surmonter. Et L. et moi.

Et puis, le 14 Juillet 2010 (et ce n'est pas un choix délibérément chauviniste ou patriotique) , nous nous sommes marié. A Vinh, au centre du Viet Nam. C'était pour nous une façon de rendre plus vivable notre relation. Et effectivement, les séparations physiques se font moins douloureuses depuis. Une sorte de tranquillité quant à l'avenir de notre relation s'est installée. On est plus confiant en nous, plus posé, apaisés.

Et conséquemment à cela, mon statut à changé. J'étais devenue légitime aux yeux de plusieurs amis de L. Je n'étais plus sa petite amie occidentale, j'étais son épouse. C'est un statut beaucoup plus facile à vivre. Comme si de là, je tirais ma légitimité d'être aux cotés de L. Mais cet aspect là n'est qu'une remarque et aucun cas il n'a pesé sur la volonté de nous unir.

 

L. est venu me voire à Noël. Deux petites semaines juste merveilleuses où j'ai enfin pu lui montrer mon quotidien qui c'était tellement transformé depuis qu'il était parti. Depuis, j'avais des amies nouvelles, depuis, j'avais déménagé au moins 3 fois, depuis, j'avais mes repères à Paris que je n'avais pas quand il est parti.

Alors que je connaissais tous ces proches amis, sa famille, son quotidien, son hopital, ses collègues, sa maison, ses habitudes dans son pays, lui ne connaissait plus les miennes, seulement par ma parole. Et c'était toute une facette de ma vie qu'il ne pouvait connaître par lui-même et cela manquait. Mais maintenant, c'est fait.  

 

monde vietnamo-français

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 19:24

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, vous qui lisez ces lignes, ces articles, régulièrement ou accidentellement, avec plaisir de préférence, j'ai une grande nouvelle à vous annoncer :

 

A partir de Vendredi, vous trouverez dans les grandes librairies d'abord puis, je l'espère, les plus petites, un livre sur le Vietnam dont j'ai l'honneur d'être l'auteure.

 

Il s'agit d'un "Dictionnaire insolite de civilisation vietnamienne" et comme son nom l'indique, c'est une répertoire des différences culturelles, des drôleries vietnamiennes et des aperçus le plus juste possible de la société vietnamienne et de l'ambiance du pays.

 

 

  phpThumb generated thumbnail

 

 

 

 

Un avant gout du livre (qui se trouve surtout être le résumé sur la 4e de couverture !) :

 

Le Vietnam est un pays au passé tumultueux, un carrefour entre le monde chinois et le monde indien. C'est ainsi que Bollywood vous paraitrea très vietnamien ! Mais peut-on survivre à la traversée des rues pleines de scooters, et au fait comment distinguer la viande de porc de celle de chien ? Pourquoi fait-on la vaisselle dans la salle de bain ? Savez-vous que "manger" se dit en vietnamien"manger du riz", qu'un quartier culturel n'a rien à voir avec la culture ou pourquoi il vaut mieux être bon chanteur ?

 

Bon voyage !

Par L'occidentale - Publié dans : Un peu de piment...
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 11:40

L. a déménagé. Maintenant, il habite dans le dixième arrondissement. En réalité, c’est juste à quelques avenues de l’ancien endroit où l’on habitait avant. Son appartement est plus petit, mais beaucoup plus aéré. Il y a 3 fenêtres pour quatre murs et ces fenêtres font la largeur des murs…Le soleil réchauffe alors facilement l’appartement.

La salle de bain est à ciel ouvert et c’est là qu’on peut monter sur le toit à l’aide d’un escalier qui prend la moitié de cette pièce.

La ville est toujours la même. J’ai l’impression d’être chez moi. Je reconnais, connais les rues, les restaurants, les écoles, les parcs. Je connais les arrondissements, je sais où trouver tel aliment et où manger tel autre. La ville change pourtant, mais je m’y retrouve. J’ai un sentiment d’apaisement face à la vie ici. Je me sens plus rassurée, moins angoissée par l’inconnu et mon manque de repère.

 

Les bruits du Vietnam me bercent. On entend le bruit des machines qui polissent et coupent du marbre, les coups de marteau des deux maisons en construction d’à coté, le moteur de camions et la musique du sable qu’ils transportent se répandre sur le sol. Les cris des enfants qui courent dans la rue et le bruit de la fenêtre branlante lors des heures de grands vents. La nuit, on entend le bruit des moustiques et d’un petit groupe de grenouilles.

 

Des pastèques poussent le long du petit balcon de l’appartement et le jasmin est presque en fleur. Le temps passe, lentement d’abord et puis vite ensuite.

 

 

 IMG 1020

 

 

IMG 1021

 

 

 

 

 

 

 IMG 6364

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés