Allô, qui est à l'appareil ?

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  • Etudiante, au Viet Nam pour 3 mois et demi. Habitante dans un quartier pauvre et chinois de la ville. Avec un vietnamien. Et tous les chocs culturels qui vont avec cette vie...
Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 11:26

Un homme qui possède mon entière admiration et mon plus respect pour notamment avoir l’art de me faire rire disait : "Je suis névrosé et psychotique … ce sont deux tares qui cohabitent pour reprendre le cri d’amour du crapaud.

Un psychotique c’est quelqu’un qui sait que 2 et 2 font 5 et que ca le rend malade. Alors qu’un névrosé c’est quelqu’un qui sait pertinemment que 2 et 2 font 4 et ça le rend malade. Ben moi qui suis à la fois névrosé et psychotique, ma vie est un enfer… vous ne pouvez pas vous imaginez à quel point je suis déçu quand deux et deux font 5.  Un matin je me réjouis que les quadrilatères aient 4 cotés, un autre matin je me désole que les triangles n’en aient que 2.

 

Alors biensur j’en ai parlé à mon psy qui m’a conseillé de tenter une expérience de thérapie de groupe. Je dois dire que sur le moment je n’étais pas très chaud. D’abord il m’apparaît que ce genre d’expérience,... d’exhibition...,  est légèrement impudique. Alors il se trouve que je suis un garçon Je n’étais pas une espèce d’exhibition. L’autre truc qui me gênais dans la thérapie de groupe c’est le coté un peu… un peu … euh…comment dire …. c’est pas donné ce genre de connerie!! C’est la thérapie qu’est de groupe, c’est pas le prix ! Alors mon psy m’a dit : mais non, donne toi en spectacle imbécile !!! c’est pour quoi je vous ai priez de venir tous ici ce soir mesdames et messieurs pour me regarder faire mon intéressant."

Dixit feu vénéré maître Desproges.

Vous avez ici une grande partie de la raison de la création et alimentation de mon blog : thérapie collective online pour éviter les frais d'une thérapie collective réelle.
Je suis victime du syndrôme de l'aliénation de l'étranger...Du déracinement et de la perdition voulue et non maîtrisée...De la passion aux significations cachées, souterraines et tellement bien enfouies qu'il faudrait faire appel à une dynamite pour enlever le potentiel arbre qui cache la foret...

Bref.

Je vous souhaite donc, et à moi aussi, un bon rétablissement l'intermédiaire de mon expression poétiquement inassouvie et imperceptible.

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 09:44

La scène se passe dans un quartier plutôt pauvre de Sai Gon. La maison de L. est située dans un quartier populaire où habitent pas mal de chinois. La chambre qu’il occupe est à plus petite que celle que nous partagions à Paris. Elle doit faire dans les 30m². Située au 5ème étage d’une maison « traditionnellement moderne » (les hautes maisons à 40.000 étages), elle donne sur un terrain vague et un jardin. ( mais pas un jardin au sens français du terme. J’entends ici par jardin un morceau de terre où arbres fruitiers et de l’herbe survivent encore).

 A coté de ces rares espaces de vide se trouvent des usines qui fabriquent du caoutchouc. A chaque fois que l’on passe devant, elles sentent le plastique brûlé. A chaque fois que je passe devant ces usines, c'est-à-dire 2 fois par jour au moins, une vague de souvenirs brouillés d’enfance vient s’échouer dans ma mémoire. C’est seulement au bout de nombreux aller-retour,  la vague refoulant à chaque fois ce même souvenir, lui donnant à chaque mouvement un détail de plus, qu’une image claire est apparue à la surface de ma mémoire : je revois alors ma mère dans le verger, brûlant les papiers usagés dans lesquels s’étaient trouvés par mégarde des déchets plastiques.

Ma connaissance du quartier est assez limitée. Elle se limite principalement aux trajets qui me mènent  aux 2 marchés, ainsi qu’à celui que j’empreinte pour prendre le bus. Un des premiers jours de mon arrivée, Hung m’a emmenée me promener dans le coin. Il y a plusieurs églises dont l’une est en face de la rue où se trouve le marché que je préfère. L’autre est vers l’autre marché. Mon arrivée a beaucoup fait parlé. A chaque fois que je passe, des regards me dévisagent et je les sens encore une fois le dos tournés. La rue est une rue ouvrière comme je l’ai dit plus tôt. Lorsque je vais pour prendre le bus, je passe devant 8 usines, plus ou moins grandes et plus ou moins « formelles ». a chaque fois, même si les gens m’ont déjà repérés, j’ai droit à un « hello » ! Au début, je me contentais de saluer de la tête. Mais maintenant, je redoute ces moments là. Parce que je suis toujours vue comme un objet de curiosité qui attire les regards par ma présence dans ce quartier, par mes allées et venues, et par le fait que je vais au marché. Le marché ! Tout un conte ! Ici, comme je l’ai dit, il y en a 2. Le marché des gens du Nord et le marché des Chinois, selon les étiquettes qu’L. et moi leur avons-nous même attribuées. Au début, j’aimais bien aller au marché chinois parce que la foule me faisait plus facilement passer inaperçue. Là bas, les denrées de toutes sortes abondent : poissons, viandes, pâtes fraîches, feuilles de riz, épices, soutiens-gorges, tofu, fruits variés, légumes, herbes fraîches, t-shirt, jouets, entremets, fleur, pain, banh bao…. Mais il est assez loin de la maison et n’a lieu que le matin. L’autre se trouve dans une petite rue étroite, en face d’une église blanche. Moins fréquenté, aux marchandises moins variées et aux « stands » moins nombreux, c’est à celui-ci que je vais désormais. On trouve des vendeuses du nord, qui sont venues vivre à Sai Gon et qui ont conservé leur accent, des enfants du quartier. Je m’y rends presque tous les jours, en fin d’après-midi. Les vendeuses commencent à me connaitre, elles papotent avec moi, essaie de m’extirper le plus d’informations possibles sur moi.

Ici, je suis un escargot : je n’aime sortir de ma maison que lorsque la pluie abreuve le sol brûlant. Biensûr, je suis toujours ailleurs que dans ma coquille dans la journée, mais en tout cas pas dehors. Par expérience, je sais qu’il vaut mieux suivre le rythme des vietnamiens, même si à premier abord il peut paraître lent. Sortir tôt le matin, et ensuite, de 10h30 à 15h environ, se réfugier si possible dans un endroit vivable, c'est-à-dire pas dans un four. Dans des galeries, des cafés, à l’université, des musées, des maisons avec un ventilateur….

D’ailleurs, la chaleur reste pour moi encore un grand mystère. Qu’est ce qui fait qu’un occidental est toujours couvert de sueur à la première minute quand il sort dehors, même à 16h ou 17h alors que le temps s’est rafraîchi, alors que les vietnamiens peuvent sortir à 12h, en costume attaché-case, pull, chapeaux, gants, chaussettes -habillés comme s’il faisait 5° degrés de dehors -et ce juste pour ne pas bronzer puisque là bas, plus on a la peau blanche, plus on est beau...- et aucunes gouttes de transpiration n'apparait à la surface de leur peau ? Ce mystère presque génétique me font les jalouser, parce que moi, à leur place, j’ai l’air d’une fontaine.

         

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 09:39

Avant de commencer par un article de ma vie et mes réflexions ici, à Sai Gon, je me dois de me présenter un peu, histoire que vous puissiez situer qui je suis, et pourquoi je suis là.


Qui suis-je ?

Jeune française de 20 ans, pour 3 mois et demi au Viet Nam, à Sai Gon. Etudiante en sciences politiques et vietnamien à Paris, originaire d’une province de l’est profond.


Pourquoi suis-je ici ? C'est vrai quoi, qu'est ce que je fou là bas ?

Parce que j’aime le Viet Nam. C’est une passion qui est née ou plutôt jaillit alors que j’avais 13-14 ans. Le Viet Nam est moi, c’est comme Obélix et la potion magique : je suis tombée dedans étant toute jeune. Sans aucune raison "logique" puisque aucun liens familiaux ou historiques (à part celui de mon pays) ne m’y rattache. Pour tout le monde, dans mon entourage, le Viet Nam était un pays « anonyme » comme tous les autres. Et puis un jour, il est devenu mon pays, mon violon d'Ingres, mon obsession. La raison, je l’ignore. Dans le feu de ma passion, je me suis mis à apprendre cette langue par tous les moyens (dans mon petit village de 2000 habitant paumé dans l’est profond, il n’y avait pas de vietnamiens avec qui j’aurais pu prendre des cours). J’ai donc commencé par « le Viet Nam en 3 semaines », en passant par le vietnamien sans peine (quel mensonge !!!), les livres de photos, les paroles de musiques, les dictionnaires, précieux objets que j’achetais lorsque j’avais la chance de pouvoir monter à Paris, les poèmes… Bref, les matériaux de mon apprentissage ont nourris ma passion. J’ai touché à tout : musique, littérature, poésie, politique, histoire, géographie, reportages, rfi, images, photographies… tout ce qui se rattachait au Viet Nam était bon à prendre… D’un point de vue psychanalytique, je refuse d’aller voire un psy pour voir ce que cache éventuellement cette passion… Si jamais elle cache quelque chose… Car en vérité, ses causes sont un tel mystère qu’il est fort probable qu’elle ait des secrets à révéler… Bref.

Toujours dans ma soif d’en savoir plus, profitant de la chance de pouvoir faire mes études (de vietnamien) à Paris, et frustrée par les cours qui me semblaient pour certains (oserais je dire pour beaucoup ?) trop peu inconsistant à mon gout, j’ai décidé de fréquenter la communauté vietnamienne, en particulier les étudiants vietnamiens. De cette façon, j’ai rencontré beaucoup de monde, dont mon actuel conjoint (oui, peut être qu’à 20 ans, utiliser ce mot alors que la plupart des jeunes de mon age parle de « copain »… Mais je n’aime pas ce mot, pour moi, il a connotation de légèreté,  d’aucun engagement… ). Bref, l’homme que j’aime. Et c’est chez lui que je vis en ce moment, et pour nous que je suis au Viet Nam. Je suis aussi ici pour 2 autres raisons : apprendre le vietnamien à l’université et étudier la culture du Sud. Voilà donc le contexte de ma narration.

Mon conjoint sera désigné par la lettre L.


Donc....

Jeune française de 20 ans, je vis au Viet Nam pour 3 mois et demi, dans un quartier pauvre de Sai Gon. Mandatée par une bourse pour faire une recherche sur le Sud, je vis le Viet Nam au jour le jour, au milieu des ouvriers vietnamiens, des étudiants, des cadres et commerçants, au milieu des préjugés de ma culture sur la leur, et des préjugés de leur culture sur la mienne, au milieu de leur incompréhension face à ma présence dans leur quartier ou leur pays, face à mes questions, aux chocs culturels, à mon aliénation d’étrangère, à mes confessions encore inavouées… Face à la vie, la vie d’une jeune expatriée de courte durée, qui découvre peu à peu ce que veut profondément dire « les différences culturelles »,ce que veut dire « l’incompréhension », et qui subit de gros « préjugés » culturels… Parce que cette fois ci, c’est moi qui suis une étrangère.

A Paris, les étrangers, touristes, expatriés, réfugiés, étudiants… sont présents partout. Dans toutes les rues, dans tous les quartiers. Les présences de tous ces étrangers n’est en fait plus aussi étrangères. Par contre, les étrangers sont toujours des étrangers. Ils sont toujours d’ailleurs. Ils sont toujours incompris, comme ils nous comprennent aussi mal parfois. Mais nous, nous sommes chez nous. Dans la société à laquelle, bon gré malgré, nous participons. Etranger dans sa propre culture. Peut être que ca existe. Mais étrangers à la culture des autres, c’est autre chose. Et cette fois ci, c’est mon tour. Avant aussi j’étais touchée par les préjugés qui frappent, certes tout le monde en général, mais particulièrement les étrangers (pour avoir déjà vécu l’expérience d’être étrangère, un an dans un pays voisin). Mais même s’ils me touchaient, si je les trouvais injustes et infondés, je ne pouvais que les contempler. Je ne pouvais pas les vivre de l’intérieur, puisque je n’étais pas directement visée. Or là, si. Je suis la cible, je suis le cercle central où la fléchette vient se fixer…

Par L'occidentale - Publié dans : Quotidien et récit de vie
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 09:23

Au départ, je n’étais pas trop pour. Ecrire un blog pour ce que j’avais, ai et aurais à dire, je voyais pas l’interet… Un blog de plus comme une goutte d’eau de plus dans l’océan. Un blog qui allait rejoindre les écrits illisibles et aussi passionnant que ceux des ados qui s’extasient sur leur envie de rébellion et idées noires dans un langage parfaitement incohérent, et un style parfaitement médiocre… Rejoindre ce club de pseudo écrivains précoces dont les écrits s’extasient sur l’incompréhension des parents qui ne sont jamais comme ils faut, sur l’injustice de la vie qui vous fait naître dans une famille ou les parents gueulent sur vous parce que les maigres tâches ménagères auxquellesils vous avaient demander de participer n'ont pasété faites, sur la tristesse d’avoir 15 ans…


Bref, même si je n’ai pas l’intention d’écrire sur ce genre d’enfantillage boutonneux, j’avais peur qu’entrainée par mes sentiments, je vacille du coté des blogs sentimentaux à la crème et à l’eau de rose ou du coté des simplets écrivains arrivistes.


Mais non. De toute façon, il me faut m’essayer.


« Mais écris un blog ! » m’a-t-on dit lorsque j’ai dit que je voulais écrire, que je ne pensais pas en avoir le talent. "Ecris sur ce que tu es en train de vivre !"

Alors ca y est, c’est parti, je commence… En espérant que mon style s’améliorera d’article en article, afin que je n’ennuie pas jour après jour vos esprits.

Par L'occidental - Publié dans : Quotidien et récit de vie
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